Foire aux questions

LE MODÈLE MCGILL

1. Qu’est-ce que le modèle McGill?

Le modèle McGill est un modèle conceptuel qui a été, comme bien d’autres, créé pour aider les infirmières à mieux comprendre les actions reliées à leur profession au quotidien.
En ayant un canevas de pensées pour aider l’infirmière à structurer ses actions, cela l’aide à ne pas limiter sa profession à des gestes typiquement biomédicaux. Comme la personne humaine est une entité globale vivant des symptômes bio-physio-psycho-sociaux-spirituels, toute intervention à visée globale aura un meilleur résultat sur la santé des personnes.

2. Pourquoi le CISSS de la Montérégie-Centre (CISSSMC) a-t-il décidé d’adopter ce modèle de soins?

Ce modèle a été choisi en fonction de son aspect pragmatique.
Tout modèle conceptuel a pour objectif d’améliorer l’acte infirmier, mais plus le modèle est simple à comprendre et à mettre en place dans tous les milieux de soins, plus il pourra être utile et donner les résultats cliniques espérés.
La simplicité du modèle McGill inclut une grande connaissance de l’être humain, de ses besoins et de ses capacités d’adaptation, de même que les habiletés de l’infirmière pour soutenir le développement de ses capacités.

3. Comment ce modèle viendra-t-il modifier la pratique des soins infirmiers?

Le modèle McGill apporte une approche très personnalisée aux soins infirmiers.
Le fait que l’on nomme l’importance de connaître la personne, ses goûts, ses croyances, ses préoccupations dans le contexte qu’elle vit amène une approche thérapeutique personnalisée qui éloigne le jugement et l’approche paternaliste.
Le rythme des soins est toujours orchestré par la connaissance de la personne et de son environnement et les approches à offrir pour l’aider dans la connaissance de son état et des auto soins nécessaires à un meilleur chemin vers la santé ou un état de bien-être.

4. Comment ce modèle viendra-t-il modifier l’expérience de soins des usagers?

Nous savons que plusieurs infirmières peuvent identifier des irritants en raison d’interventions de soins qu’elles n’ont pas réussi à faire, que ce soit par manque de temps ou de formation.
Une approche qui permet de soutenir la relation thérapeutique entre la personne, ses proches et les intervenants stimule les auto soins, la volonté de retrouver la santé, le respect de soi-même et l’autonomie. La curiosité intellectuelle que soutient le modèle McGill amène l’infirmière à toujours être en recherche afin de mieux comprendre le patient et ses réactions ainsi qu’à chercher les interventions qui pourraient valoriser la personne dans son cheminement.
Il va de soi que la clientèle sera mieux servie par une équipe de soins infirmiers qui est sensible au vécu de la personne, à ses difficultés, ses espoirs et par des interventions mises en place pour potentialiser son évolution, son bien-être.

5. Comment ce modèle viendra-t-il modifier l’expérience de soins des proches de la personne soignée?

Comme l’être humain est un être de relation, si le patient est mieux informé et se sent mieux compris dans ses comportements, il va de soi que les proches seront rassurés et auront un plus grand désir de participer au rétablissement de leur personne chère.
Si la connaissance des proches et de leur fonctionnement devient un élément important pour l’infirmière et que le modèle soutient toujours la recherche d’une meilleure connaissance des proches pour mieux les comprendre et travailler de pair avec eux vers un meilleur équilibre familial, le résultat sera positif, tant pour la personne, les proches que pour l’équipe de soins.
De ce fait, les recommandations des infirmières seront mieux accueillies et auront un effet positif sur l’état de santé de la personne (ex. : glycémie, exercice physique, etc.).

6. Comment le modèle McGill se distingue-t-il de l’approche fondée sur les forces et de la collaboration interprofessionnelle?

Le modèle McGill est un modèle conceptuel créé par deux infirmières à l’université McGill dans les années 1970 alors qu’elles déploraient que les soins deviennent trop biomédicaux et s’éloignaient des besoins de la population.
Comme l’infirmière est une professionnelle très proche de ce que vit la personne (symptômes, détresse, anxiété familiale, peur des conséquences de la maladie, etc.), ce modèle a été déployé pour donner un cadre d’analyse et d’intervention autonome à l’infirmière de toute spécialité (connaître la personne, son environnement, les objectifs vers la santé et les soins infirmiers à prodiguer pour y arriver) au quotidien.
L’approche fondée sur les forces, aussi développée par des infirmières, est un outil à ajouter pour mieux agir en tant que professionnels de la santé et qui éloigne du jugement et qui rapproche de la relation thérapeutique.
La collaboration interprofessionnelle est un amalgame de concepts reconnus dans toutes les équipes qui veulent opter pour de meilleurs résultats cliniques et organisationnels.
Plusieurs articles scientifiques expliquent ces concepts et démontrent leurs points positifs. Si l’infirmière travaille avec le modèle McGill, elle aura bien des informations à partager aux membres de l’équipe interdisciplinaire pour mieux intervenir auprès de la personne et de ses proches. Si l’approche fondée sur les forces n’est utilisée que par les infirmières, les autres membres de l’équipe n’auront pas les mêmes résultats auprès de la personne et, ainsi de suite pour la collaboration interprofessionnelle.

7. Quels sont les objectifs du déploiement de ce modèle?

Tout gestionnaire responsable d’une unité de soins qui souhaite des soins globaux où la personne est vue dans son ensemble et est soutenue pour mieux vivre l’expérience de santé vers la meilleure adaptation possible sait qu’il faut que son équipe de soins travaille avec un modèle conceptuel.
La mise en place d’une structure de pensée, avec un modèle conceptuel, aide chaque membre de l’équipe à organiser son travail en pensant aux priorités de l’équipe et de la philosophie avec laquelle tous les membres de l’équipe travaillent (ex. : nommer le patient par son nom dès son arrivée, se nommer en tout temps pour faire connaissance, explorer les besoins de la personne, ses priorités, ses forces, la connaissance de son état, de ses auto soins et des interventions à mettre en place pour augmenter sa capacité d’adaptation et de réactions positives à son état vers l’autonomie et le bien-être).
Donc l’objectif ultime est d’augmenter la satisfaction de la clientèle dans son expérience de santé et les résultats cliniques pour tout département de soins.

8. Il y a plusieurs modèles de soins, pourquoi avoir choisi celui-là?

Tout modèle conceptuel a pour but de promouvoir la qualité des soins infirmiers dispensés à la clientèle et, de ce fait, une meilleure santé populationnelle en général. Certains modèles ont un déploiement d’idées complexes à mettre en place rapidement dans le système de santé.
Le modèle McGill, dans sa compréhension, est d’une grande simplicité et d’une grande efficacité.
Les quatre concepts centraux se mettent en place très facilement : vouloir mieux connaître la personne, son environnement, les objectifs de santé et les soins infirmiers à mettre en place pour y parvenir.

9. Est-ce que ce modèle de soins est vraiment le plus pertinent pour tous les types de clientèle?

Ces concepts de base (patient, environnement, santé et soins infirmiers) sont pertinents dans tous les secteurs et toutes les missions de soins.
Le propre d’une bonne infirmière est de prendre contact avec la personne et ses proches et d’évaluer l’état de santé et l’état général de la personne pour mieux définir les soins infirmiers à offrir, outre les soins délégués prescrits.
Comme ce modèle apporte le besoin de travailler en équipe pour, ensemble, mieux comprendre les besoins et les forces de la personne, il est applicable dans tous les secteurs en utilisant les données probantes associées à la spécialité (ex. : orthopédie, chirurgie, pédiatrie, etc.).

 

DÉPLOIEMENT

10. Comment sera déployé de modèle dans l’organisation?

Il sera déployé par secteur et parfois en phase. La démarche d’implantation (phase) se réalise en 4 grandes étapes et qui s’échelonnent sur une période de 9 mois.

11. Comment l’ordre a-t-il été déterminé?

Les directeurs de chacune des directions cliniques ont été consultés afin de déterminer la séquence de déploiement.

12. Comment serons-nous soutenus dans le déploiement?

Par de la formation puis des activités de coaching et d’approche réflexive sur le terrain.

13. Est-ce que les usagers et les proches seront informés et outillés à intégrer cette vision?

Les membres du comité des usagers ont été rencontrés afin de les informer de l’orientation organisationnelle et obtenir leurs commentaires.
Lorsque le déploiement sera bien entamé, des actions de sensibilisation et de promotion seront développées spécifiquement pour la clientèle.

 

FORMATION

14. Qui sera formé pour utiliser le modèle McGill?

L’ensemble de l’équipe de soins infirmiers : infirmière, infirmière auxiliaire, préposé aux bénéficiaires, auxiliaire de santé et de services sociaux.

15. Comment serons-nous formés?

Le plan de formation est composé de 6 ateliers d’une heure sur le modèle McGill, d’un atelier sur la collaboration interprofessionnelle et d’un atelier sur l’approche de soins fondée sur les forces.
Le tout se déroulera sur une période de 6 mois.
Des coachs seront aussi formés pour soutenir les équipes.
Les formations seront transmises à plusieurs reprises (3 semaines par atelier).

16. Serons-nous libérés pour la formation?

Vous ne serez pas automatiquement libérés pour les formations, mais vous serez rémunérés pour y assister.

17. Comment seront formés les gens des équipes volantes et de la liste de rappel?

Ceux qui ont l’habitude d’aller dans vos secteurs seront invités à participer aux formations ainsi, à un moment ou l’autre, le personnel de l’équipe volante sera formé.
Vous pouvez les encourager à se joindre à vous pour les formations!

18. Comment seront formés les nouveaux employés?

Lors de l’accueil, et ce à compter de juin 2019, les nouveaux employés recevront de la formation.
Puisqu’il y aura régulièrement de la formation dans différents sites, un employé qui arriverait dans un secteur qui a reçu l’ensemble de la formation pourra se joindre à des groupes de secteurs en implantation.

19. Comment les professionnels (ergo, physio, T.S., etc.) seront-ils formés?

Les professionnels participeront, avec les équipes de soins infirmiers, aux ateliers sur la collaboration interprofessionnelle et sur l’approche de soins fondée sur les forces.

20. Est-ce que nos chefs auront été formés avant nous?

Oui, et ce, afin d’être en mesure de bien vous accompagner.

21. Comment les médecins seront-ils informés et formés à cette nouvelle approche?

Les cogestionnaires médicaux sont informés de la démarche par le directeur clinique et ceux-ci informent l’équipe de médecins du secteur.

22. Aurons-nous une attestation de formation?

Oui. Nous sommes actuellement en processus afin que cette formation soit accréditée.

 

SUR LE TERRAIN

23. Doit-on faire ce changement parce les pratiques actuelles sont inadéquates?

Non, au contraire!
Une telle démarche n’aurait pu être initiée si des écarts importants de pratique étaient présents.

24. Comment vous assurerez-vous que les apprentissages seront déployés dans la pratique et surtout pérennisés?

Différents indicateurs seront suivis.
Advenant des difficultés de mise en application, des activités seront réalisées avec les équipes afin d’accompagner l’équipe dans l’intégration des comportements-clés de la démarche.

25. Comment et quand les outils de travail seront-ils adaptés aux nouvelles façons de faire?

Trois outils prioritaires ont été choisis soit : la collecte initiale, le cheminement clinique (note d’observation) et la fiche de liaison. Les autres outils seront faits au fil du temps et selon l’émergence des besoins.
L’objectif est de diminuer le nombre d’outils et de formulaires.

26. Est-ce que cela viendra compliquer notre travail?

La curiosité intellectuelle que soutient le modèle McGill amène l’infirmière à toujours être en recherche pour mieux comprendre le patient et ses réactions ainsi qu’à chercher les interventions qui pourraient valoriser la personne dans son cheminement.
Il va de soi que la clientèle sera mieux servie par une équipe de soins infirmiers qui est sensible au vécu de la personne, à ses difficultés, ses espoirs et aux interventions à mettre en place pour potentialiser son évolution, son bien-être.
Ainsi, nous sommes persuadés que cela facilitera le travail.

27. Pourquoi nous engager dans une telle démarche maintenant (surmenage, exigence du quotidien, etc.)?

Il n’y a jamais de bon moment.
Cependant, la création du CISSSMC est un levier pour se doter d’une vision et d’un langage communs pour l’approche à déployer au bénéfice de notre clientèle.

28. Sommes-nous vraiment en mesure de nous adapter aux besoins et souhaits de l’usager et de ses proches?

Oui.
Cependant, parfois, notre expertise permet d’influencer le choix de la personne/famille. Elle permet aussi de s’assurer que les choix et les décisions sont pleinement éclairés.

29. Pourquoi cela est-il nécessaire?

La pratique des soins infirmiers basée sur un modèle conceptuel pragmatique est la clé de la compétence et de l’excellence; c’est une pratique qui mise sur la relation thérapeutique et sur les moyens à mettre en place pour déployer les outils nécessaires afin d’accéder à cette compétence et à l’excellence. Cela demande énergie et volonté avec des moments de réflexion et des analyses sur les difficultés et les réussites.
Gottlieb (2014) nommait, dans son livre fondé sur les forces, que toute pratique de l’excellence demande une immersion dans l’expérience et le goût du défi sans jamais abandonner l’objectif d’une meilleure approche pour une meilleure santé populationnelle.

30. Les retombées attendues valent-elles les efforts qui seront consentis dans l’implantation et la formation de la démarche?

Tous les professionnels en soins infirmiers basent leur pratique professionnelle sur une façon de voir la discipline infirmière.
S’approprier un modèle conceptuel commun servira de guide aux professionnels en soins infirmiers dans leurs activités quotidiennes de collecte de données, d’élaboration de plan thérapeutique infirmier et d’évaluation de la qualité des soins infirmiers. Conséquemment, nous aurons un langage commun et cela facilitera le travail de collaboration.

 

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