
« Je voulais être pompier. Je ne pensais pas pouvoir l’être. Finalement, je le suis depuis 10 ans! »
Petit, lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais « pompier »… comme la plupart des petits garçons! Je regardais mon parrain Réal, lui-même pompier à Montréal, et je rêvais d’être aussi fort et courageux que lui.
C’était mon rêve, mais je ne pensais pas pouvoir le réaliser. Non pas parce que je manquais de courage, mais plutôt parce que j’étais un « grand prématuré », avec une santé fragile. À la fin des années 60, naître à 28 semaines de grossesse avec un poids de moins de 1,2 kilogramme, c’est une entrée un peu difficile dans la vie!
J’étais plus petit, plus faible et plus souvent malade, mais toujours déterminé à faire comme les autres. Bien vite, j’ai réalisé que je ne pourrais pas devenir pompier. Je n’avais pas la force physique qu’il fallait. Alors j’ai choisi une autre carrière.
Puis, à 21 ans, tout a changé. J’ai participé à un voyage de marche en Italie avec 10 gars et 13 filles. Durant trois semaines, nous avons marché près de 200 kilomètres et grimpé des sommets de plus de 3300 mètres d’altitude.
Cette expérience de vie a été LA bougie d’allumage. J’étais capable de grimper les Alpes. J’étais donc capable d’atteindre mon but : devenir pompier!
J’ai entrepris des cours le soir et les fins de semaine et au bout d’un an et demi, j’ai gradué de l’École nationale des pompiers du Québec. Je suis devenu pompier et même lieutenant.
La leucémie m’a évidemment obligé à arrêter le travail et le chemin s’annonce long avant que je puisse recommencer à répondre à des appels. Mais si un minuscule bébé, qui n’était pas plus grand que la main de son père, a réussi à se battre pour rester en vie, le pompier que je suis retournera combattre les feux et donner envie aux enfants qui le regardent de dire : « Quand je serai grand, moi aussi je serai pompier! »
Mark