Une ergothérapeute de l’INLB à l’origine d’une aide technique visuelle

Afin d’offrir un milieu de vie adapté aux besoins de clientèles présentant des incapacités souvent complexes, les ergothérapeutes doivent quotidiennement faire preuve de créativité. Cela donne parfois lieu à des petits trésors d’ingénierie. C’est le cas d’un système de miroirs créé par Hélène Sauvageau, ergothérapeute à l’Institut Nazareth et Louis-Braille. Son innovation permet à des usagers dont la vision fonctionnelle est altérée par la maladie de retrouver une forme d’autonomie. Saluée par ses pairs, elle a récemment fait l’objet d’une publication nationale.

Dans le cadre de sa profession, Hélène Sauvageau œuvre auprès de plusieurs types de clientèles aux prises avec des déficiences visuelles, dont celles atteintes d’une maladie très rare, la paralysie supra-nucléaire progressive (PSP). Parmi les symptômes qui caractérisent cette maladie neurodégénérative, l’un affecte le mouvement des yeux, ce qui entraîne notamment des difficultés à baisser le regard. Si cela peut paraître anodin, cette incapacité affecte grandement le quotidien des personnes qui en sont atteintes, en particulier lorsque vient le temps de manger. En effet, il n’est pas très commode de devoir monter une assiette à la hauteur du regard et maintenir son bras levé pour s’alimenter…

Afin de redonner une qualité de moyen à ses usagers, Hélène a eu l’idée d’explorer l’utilisation des miroirs. Après quelques essais et erreurs, la solution trouvée a consisté à fixer des tuiles-miroirs sur des surfaces articulées en forme de Z. Placé à la hauteur du visage, le système permet à la personne qui regarde droit devant d’y voir ce qui se trouve dessous.

Au cours des derniers mois, trois personnes atteintes de PSP ont pu bénéficier de l’utilisation du système d’Hélène. À l’aide de celui-ci, elles ont pu recommencer à s’alimenter de manière autonome et, peu banal, voir ce qu’elles mangeaient! L’aide technique a également permis d’améliorer leur sécurité puisqu’elles présentaient des signes de dysphagie. Enfin, à l’aide des miroirs, un des usagers a pu reprendre la lecture de son journal et un autre a pu participer aux activités de loisirs de son CHSLD.

À la fois simple et efficace, cette innovation est une belle preuve de la détermination d’une professionnelle à vouloir aller plus loin pour offrir dignité et meilleure qualité de vie à ceux qui en ont besoin. Suivant la publication de l’article présentant le système d’Hélène Sauvageau, un établissement de l’Ontario s’en est d’ailleurs inspiré. Souhaitons maintenant que d’autres s’y intéressent, au grand bénéfice de tous.

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